L'avion décolle. Les petites lumières s'éloignent au loin en bas. On s'enfonce dans le noir. La lune apparaît, longue et claire. Elle fait briller de jaune le fleuve noir. Des lignes de lumière dessinent la ville qui se cache dans l'obscurité de la nuit. Sur la terre, on a dessiné des carrés, des triangles, des hexagones. Autant de routes pour rassembler les maisons. Si le monde est comme il est, c'est parce qu'on le voit comme ça. Le ciel, le jour ou la nuit c'est la demeure des anges. Il y a toute sorte de gens Il y a le père Noel dans l'avion, qui ne reste pas en place sur son siège. Une La télé est brisée. J'écris. Les oreilles de Nicolas sont douces parce qu'il écoute le plus beau des gens. Plus on va haut, plus on va vite, plus on s'éloigne du temps et on avance dans un +++ La terre est divisée en petites formes géométriques verdâtres. Des lignes droites, des formes carrées, trop peu d'arbres. Une forêt. Des routes. Des voitures. D'ici, je ne vois pas d'humains. Ils sont trop petits. Pourtant, ils ont sculptés leur présence sur le Les nuages forment un océan de cotton au dessus du globe. Il y a un nuage tout en bas qui ressemble a une grenouille. Des formes rondes, légeres, éparses, souples. Autour des arbres, de longues ombres annoncent le soleil du matin, affairé à caresser l'horizon. Voler dans les nuages, c'est comme voler au paradis, dans un paysage sans lignes droites et rempli de lumière. +++ Les gens s'entassent dans une file désordonnée. À l'aide une louche, je dépose une large portion de fèves en sauce dans un petit bol de plastique, tandis que la dame à mes côtés y dépose une paupiette. Un vieil homme grogne. Un jeune homme, le regard trop sérieux pour son âge, me regarde timidement. Ses yeux brillent pour me raconter sa joie cachée loin derrière la tristesse. Il ne parle pas français. Il est peut-être russe. Je n'en suis pas certaine. Quelle est son histoire? Pourquoi ne travaille-t-il pas? D'où vient-il? Un clochard m'explique. Les procédures publiques sont longues. L'immigration. Une large femme enfonce son énorme main noire au fond d'un grand sac. Une +++ Dans le métro Trocadéro. Des pas. Je ne vois que des pas, la tête plongée dans +++ Pour moi, la vie est magique. Chaque instant est merveilleux. Je reçois tout ce dont j'ai besoin sur un plateau d'argent. Le bon Dieu c'est le serveur du bistro. Suffit de lui demander ce que je veux avec un sourire. Je patiente. S'il se trompe, j'accepte ce qui vient. L'erreur est humaine. La prochaine fois sera surement la bonne. +++ Sur la tombe, une rose blanche fanée. Le chemin de brique accueille les pas des gens, des touristes pour la pluspart. Le calme domine le cimetière du Père Lachaise. Le soleil dessine des petites taches de lumières sur les surfaces de pierre. Un corbeau s'envolle puis se pose sur une croix ternie par le temps. Les feuilles des arbres dansent la mort. L'automne. Un marron chute et rebondit en l'air. Sur les tombes reprosent des fleurs de plastique immortelles. Une fourmi avance sur un nom gravé dans la pierre. J'avance vers nulle part, là où le vent souffle. Une porte entrouverte laisse voir un homme sans visage. Le son de ma voix fait écho à mes mots. Les pas feutré sont lents, comme si les gens acceptaient de ralentir en présence de la mort. Souvent les détails sont oubliés. Parfois, certaines choses essentielles deviennent des détails inutiles, comme de respirer. Le son des feuilles au vent, un détail, me sert d'aide mémoire. L'air, un peu froid, appaise mes pensées. Mon dos plaqué contre la pierre froide refroidit mon coeur que le soleil s'empresse de réchauffer. Une samare dans le ciel tourbillonne jusqu'à mes pieds. Des arbres majestueux colorent le paysage gris. Mes yeux se glissent dans les petites fenêtres des tombeaux pour y voir les couleurs chachées des vitraux. Je suis un ange déguisée en humain. Il est nécessaire de raconter l'amour. Pas celle parfaite comme dans un poème fabriqué. La poésie, ce sont des mots nécessaires qui sont obligés d'être écrits. Mes yeux se ferment. Ce sont les moments où j'accepte l'inexistance de la vie qui sont les plus réél. En fin j'abandonne. Une vieiille dame disparaît derrière les tombes. +++ Devant, il y a le marché. Entre le marché et moi, une rue remplie de voitures, de Ce qui m'est difficile parfois, c'est de trouver mon espace au milieu des Plus près de moi, un café tiède, presque vide. Il y a beaucoup de mots aux tables du café. Le calme est loin. Les toilettes embaument la cigarette. Une plume tombe de l'auvent au dessus de ma tête. Deux pigeons s'envollent au même moment. Un homme, des lunettes noires au visage, croise une jeune femme une baguette de pain à la main. La meilleure façon de trouver la paix et le bonheur, c'est de jouer son rôle. C'est ça mon plus grand problème. Parfois j'oublie mon rôle. L'aide-mémoire à mon texte, c'est mon coeur. Un café chaud fume maintenant sur la table. La dame assise à côté s'allume une cigarette. Les événements de la vie sont comme un défilement d'images qui semblent tout droit sorties d'un film, comme si un scénario avait été écrit d'avance. Une femme traverse la rue. Au bout de ses bras, deux petits garçons. L'un deux Le soleil brille sur le ciment. +++ Dans les raisins il y a des pépins. Légèrement sucrés, noirs, brillant au soleil. Un pigeon nettoie ses plumes dans la gouttière du toit, couvert de tuiles oranges. Il ne reste que peu de temps à la vie. C'est comme ça. Chaque jour, pressé à On m'a dite un jour que nos respiration sont comptées. Plus elles sont lentes, plus notre vie est longue. +++ Le soleil n'est presque plus. Deux petites filles courent sur les pierres placée en demi cercle au sol. Leurs robes roses dansent dans le vent. Un vélo turquoise roule devant elles. L'histoire remplit l'espace. +++ Tôt le matin, les mots accumulé pendant le sommeil sortent en raffales, comme les pigeons s'envolent lorsque l'on court vers eux. +++ L'équilibre s'atteint difficilement entre deux opposé. Parfois, il me semble que les événement sont des obstacles. Un pied reposé sur une chaise marque le jour de la semaine : DIMANCHE. Une dame cache ses yeux derrière des lunettes noires. La différence des autres ne m'empêche pas d'être moi-même. En moi il y a beaucoup de haine. Beaucoup d'Amour aussi. Je suis accroupie tout près d'une scène. Des jambes frêles sous une jupe rouge dansent à ma droite. Il y a cette vieille femme qui traverse mon souvenir. Les jambes tachées de bleue, recouvertes du temps, des blessures oubliées. Assise par terre au pied des gens je les voie au complet. Cachée au sol, comme un insecte, invisible, qu'on pourrait presque écraser. La lumière blanche devient jaune. Le plus beau, on le voit rarement. Tout à coup, tout le monde s'assoit autour de moi. Tout à l'heure il n'y avait personne. La lumière brille dans mes yeux et aveugle ce que j'ai l'habitude de voir. Il suffit d'une flame pour allumer toutes les bougies. Les gens dessinent des formes mauves sur le mur. Devant moi un sourire blanc dans un visage noir. Un homme blanc prend place devant celui qui m'inspirait. Mon doigt glisse sur les lettres blanches collées au mur rouge. Je ne peux rien faire d'autre que ce que je peux. Et ça parfois ne semble pas assez. Au moins j'arrêterai de hair les autres de ne pas être eux-même. Dans mon sac, je possède les clés rouillées de nulle part. Les yeux des gens cherchent la vie. Dans mes yeux il y a de ça, quand je ne regarde pas ailleurs. Je fait semblant de dormir aussi pour ne pas réveiller personne. Je me suis assise là où on installe un large rectangle blanc pour le remplir de couleur. +++ Parfois ce qu'on veut ce n'est pas vraiment l'essentiel. Une jolie robe rouge dans la rue. Rouge sérieux. Rouge douceur. Tourner une page c'est une caresse. Le +++ Il y a la pluie, les rues noires, une dame noire, un chapeau noir sous un Il y avait une dame. Elle faisait du vélo. Elle est parti avec son vélo, pour y faire le tour du bloc. Elle n'est jamais revenue. Écrire, c'est une façon de dire que je suis là. Et l'histoire? Turquoise, vert lime, blanc, blanc crème et noir. J'aurais envie de me fondre au milieu des gens. Ne savoir rien, ou très peu. Un quotidien comme celui de cet éboueur ou de cette femme qui fait les courses avant de rentrer. Avant, les gens venaient au monde avec une route tracée. Un prince d'une famille royale. Un cordonnier d'un père cordonnier. Une femme pour s'occuper des enfants et des repas. Je me sens perdue où il n'y a plus de cadre. Rien qui ne dicte ma vie. Les nuages cammouflent à demi le soleil. D'un côté des nuages blancs sur un fond de ciel bleu. De l'autre, du gris. Deux petites mobilettes s'arrêtent au feu rouge, derrière une série de lignes blanches peintes par terre. Une turquoise, une noire. Dans mes yeux, deux J'ai beau se sauver pour trouver une nouvelle histoire, c'est toujours la même qui s'accroche. On en a qu'une seule, peu importe où on va. L'histoire que je trouve ici n'est pas nouvelle. C'est seulement la mienne. +++ Nicolas écrit : «Je me sent bien». Il y a une faute dans ta phrase, mais je ne te le Un homme un peu bedonnant, timide et introverti regarde un ensemble à la mode dans une vitrine. +++ Depuis que je lis Jonhathan le Goélan, je regarde les gens comme des mouettes Au musée, ils regardent chaque tableau sans les voir. Parfois, apprécier une seule oeuvre c'est tout voir. Les gens sont comme des bêtes. De la chair sans amour. De la viande graisseuse mobile. Inutile qui s'entasse. Sur la jupe d'une jeune fille, des goélands sérigraphiés s'entassent aussi. Je ne suis surement pas venue ici pour me battre aussi. C'est ça qui me fait pleurer. J'imite les autres, même si j,en ai pas envie. Dans les yeux des gens, je peux lire leur passé. J'ai choisi de peindre et dessiner, pas tant pour créer de beaux dessins que pour m'abstraire de la réalité. Observer parce que c'est ce qui me semble la seule réalité. Peu importe que ce soit joli ou non. Rien de tout ça n'existe vraiment. Moi non plus. Cette nuit, je me suis levé puis des ronds de lumiière sont apparus tout Juger les gens c'est se restreintre à leur nature. Les tableaux les plus connus sont souvent les plus simple. Comme la chambre de Van Gogh à Arles. Quand mon attention se porte sur quelqu'un, cette personne bloque mon chemin. Quand mon attention est portée sur un tableau, la foule disparaît. Il n'y a alors que le tableau, même moi je disparaît. C'est ainsi que je vois vraiment les couleurs de Van Gogh. Avec les appareils photos les oeuvre sosnt reproduites par centaines. Les contrastes de couleurs, une dominante fait ressortir sont contraste. Être ailleurs, ça se produit en y mettant toute l'attention. Tout se créer selon mon J'avais l'impression que les gens recherchaient la perfection autre que dans la +++ Sur le ciment avancent des pas silencieux. D'autres d'un bruit sourd et fort. Où est passé le ciel bleu recouvert de nuages gris? Une dame se fache, un homme sourit. Le +++ J'ai passé et perdue énormément de temps à me questionner au sujet de la +++ Le matin au café. Deux personnes le nez plongé dans une carte, les cheveux qui La pluie et le soleil se disputent le ciel. Une énergie qui le remplit de bleu, de vert, de jaune, d'orangé et de rouge. Deux voyageurs reçoivent les clés d'appartements d'un ami. Il est pressé, parle vite, explique où est l'appartement, répond au téléphone, regarde sa montre puis file à un meeting. Il les laisse derrière sous la pluie qui triomphante, aliée des grands nuages gris qui recouvrent maintenant le rond jaune déchu. Leur lourde valise derrière eux ils cherchent un taxi, impossible à trouver. +++ Parfois, il vaut mieux faire semblant de ne pas voir ou ne pas entendre. Ainsi, L'intérieur du café est tapissé d'un tissus de léopard. Le café fume. Les voitures remplissent le décor. Jamais de silence, d'arrêt, d'immobilité. Dans la cour +++ J'ai beaucoup pleuré ce soir. Ma tête posée sur une oreillée blanche, je me +++ Une journée de pluie. Une dame achète un ticket d'Euromillion au comptoir de +++ Vêtue d'un t-shirt jaune citron, d'un jeans bleu marine et de souliers rouge vif, je Je regarde les yeux vides. Mon ventre. Je ne regarde que mon ventre qui brûle au Une petite fille pleure pour rentrer chez elle. Je voudrais aussi rentrer, mais là où je ne souffre plus. Ça me consolle d'écrire. Les pages de mon cahier, c'est chez moi. Est-ce le temps de dormir au milieu des mots? Est-ce que je peux dispaarître, ne plus être là, au milieu des gens? Dans l'espace Je pose dans la même figure que cette petite fille avant hier au musée d'Orsay. Elle ne voyait pas les regards sur elle. Il n'y avait qu'elle dans cette immense salle. Et cette horloge hisée en haut du dome. La musique s'arrête, mon coeur aussi. Mourrir, c'est ça. Arrêter son coeur de battre comme on arrête une musique. S'arrêter de bouger. S'arrêter de penser. Entourée de peintures, j'ai tujours l'envie de m'enfuir nulle part. Loin du temps. Tu m'appelles et je ne viens pas. Mon visage brûle. Ma gorge aussi. Une chaleur intense parcourt mon corps, l'immobilise, le tranquilise. Les visages sérieux rythment les pas lents. Lourds. J'essaie de représenter Un vide. Là. Plus rien d'autre n'importe que le silence. La paix elle se Je m'assoie devant Picasso. Il est là, au centre de la pièce. Je le regarde peindre le tableau vert. Coller ce papier peint, glisser le fusain sur la surface. Qu'est-ce qu'ils regardent tous ces gens autour? +++
Ma gorge est alergique à l'air ici. Un peu sucré, rempli de fumée, je m'enfuis +++ Paris la nuit. Il y a encore des arbres sur les fenêtres. La scène, Notre-Dame, +++ La lumière entre dans l'appartement. Sur le mur, une petite image du Dalai-Lama Je m'efforce de mettre de l'ordre dans mon corps. Des rideaux blancs translucides +++ Au marché les mouvements rapides des gens qui ammassent dans les camions Sur la petite table jaune une jeune femme pose une tasse de chocolat orange. Une Sur le ciment, les traces du marché sont laissés derrière. Une tomate, quelques radis, des boîtes vides. Accoudé sur quelques boîtes entassées, un homme observe la scène. Il attend que les autres marchand partent. Son camion est coincé derrière. Son ami arrive et ses yeux s'allument au même moment que son sourire. Comme ils sont beaux. Il y a une étincelle entre les deux. Un monde entier qui s'est créé. un esace immense et à la fois il n'y a aucune distance qui ne les sépare. La vie c'est ça, cet espace qui réunit les gens parfois pour une seconde. Une rencontre entre deux personnes, un sourire échangé. C'est cet instant où le divin s'explique. Où on peut comprendre pour un instant ce que signifie l'unité. Là où la division n'existe plus. Dans la vitrine de la chocolaterie je vois ma réflection. Les yeux endormis, une tasse de chocolat à la main. Les cheveux mêlés. Une odeur d'oignon. Les pigeons arrivent pour le Tous les camions se sont enfuis au même moment. Un homme ramasse une caisse par terre pour s'assoire. La rue se vide et se remplit de gens qui fouillent les caisses vides. Pas si vides pourtant. Un homme reprend une caisse remplie de bananes et rapelle un +++ Dans le toit lumineux de la gare de Lyon, les oiseaux chantent leur présence. Une voix annonçant le prochain train résonne dans l'espace. L'aiguille de l'horloge se pose sur le chiffre romain III. Il y a le silence et le bruit à la fois. Une énergie vibrante et un calme imposé par l'attente. Chacun porte dans une valise une partie de soi. Chacun trouve sans ce contenant ce dont il ne pourraît se séparer, même pour une seule journée. Jamais on ne transporte avec soi un si large bagage que lorsqu'on voyage. Au quotidien on devrait toujours porter une valise, au cas où il faudrait s'envoller rapidement, comme les oiseaux. Ainsi on serait prêt à tout, tout le temps. Voyager c'est être prêt à tout, tout le temps. Dans la gare on se sent comme si on visitait le monde entier en un instant. Comme si les destinations futures de chacun des voyageurs remplissait l'immense espace vide. +++ |