Au milieu de la nuit, nous nous rejoignons, Louisa, Miriam et moi dans le train à la gare de Rabat en direction Nord.

Après un arrêt en matinée à Asilah, une petite ville de campagne où il y a une plage magnifique, presque désertique, nous avons repris la route de Tanger, assises bien confortablement à l'arrière d'une charrette tirée par un âne.

«Asilah!!!» Nom de la bête ou simple cri insufflé à l'animal pour l'insciter à s'énergiser un peu, nous avons eu espoir un moment d'éviter l'inévitable, arriver à la gare après le départ trop rapide du train.

Après un long repos paresseux au milieu d'un mirage marrocain rien ne nous contrarie, nous attendons donc patiemment notre moyen de transport en grignottant des sandwiches et des frites.

Arrivée à Tanger, je me réjouis. Il y a longtemps que j'aime cet endroit. Pourtant, je n'y suis jamais venue. Miriam me confie qu'elle partage aussi une certaine affection pour cette ville qui lui rappelle étrangement Montréal, notre ville natale. L'endroit y est très différent, mais je suis d'accord avec elle, il y a ici une atmosphère semblable. Un caractère indescriptible, imperceptible, unique.

Au lendemain de notre arrivée, nous découvrons le souk de poissons. Nous incarnons avec joie des personnages de gamines au profit du regard amusé des marchands. Les yeux aussi ronds que ceux des poissons éparpillés tout autour de nous, nous explorons ce marché. Une chasse aux trésors colorée de pirates, de monstres marins et de trésors. Nous nous régalerons longuement à observer les hommes peser, couper et emballer divers poissons. Un univers masculin, sale, bruyant et naséabonde, mais combien fascinant et mystique.

Après une visite du musée d'art contemporain et un temps pour machander quelques articles dans les boutiques de la médina, nous nous arrêtons pour siroter un thé à la menthe trop sucré sur la terrasse du célèbre café Hafa, où nous imaginons les braves qui ont un jour tentés de rejoindre les côtes espagnoles à la nage. De ce côté de l'océan on aperçoit si clairement le continent moderne qu'il semble taquiner volontairement tous ceux qui lui sont étrangers.

Rêves de possibilités incertaines dans un univers inconnu.