Dans le toit lumineux de la gare de Lyon, les oiseaux chantent leur présence. Une voix annonçant le prochain train résonne dans l'espace. L'aiguille de l'horloge se pose sur le chiffre romain III.

Il y a le silence et le bruit à la fois. Une énergie vibrante et un calme imposé par l'attente. Chacun porte dans une valise une partie de soi. Chacun trouve sans ce contenant ce dont il ne pourraît se séparer, même pour une seule journée. Jamais on ne transporte avec soi un si large bagage que lorsqu'on voyage. Au quotidien on devrait toujours porter une valise, au cas où il faudrait s'envoller rapidement, comme les oiseaux. Ainsi on serait prêt à tout, tout le temps.

Voyager c'est être prêt à tout, tout le temps.

Dans la gare on se sent comme si on visitait le monde entier en un instant. Comme si les destinations futures de chacun des voyageurs remplissait l'immense espace vide.